Quotidien des adultes

Nos élevage de persans au quotidien

 

La naissance d’une passion

J’ai toujours eu des chats, ma mère étant une grande passionnée de chats et les ayant elle même côtoyé depuis son plus jeune âge. Lorsque j’ai quitté le domicile familial pour faire mes études, j’ai du me forcer à ne pas en avoir durant quelques années, car mon appartement d’étudiante était trop petit pour cela !

Chassez le naturel, il revient au galop ! Dès que j’ai eu un appartement un peu plus grand, j’ai tout de suite cherché à adopter un chat. Entre temps, ma mère découvrait le persan en adoptant un mâle persan bleu adulte qu’une personne replacait. Elle m’a fait découvrir cette race douce, calme et très câline. Même si le physique me rebutait un peu au départ, le caractère m’a très rapidement conquis !

Peu de temps après cela, on me proposait une persane LOF, un éleveur cherchait à s’en « débarrasser » car il n’avait pas le temps de s’en occuper. Il s’agissait de notre belle Chanel, malheureusement décédée quelques années plus tard le lendemain d’une mise bas … Chanel nous a été confiée « en lot » avec son père Guess du Val Doré, qui est le mâle fondateur de notre élevage. Lorsque j’ai récupéré Guess, il vivait dehors comme « un chat de gouttière » en permanence. Il venait d’être tendu car il était plein de nœuds et son pelage était très abîmé. Il m’a fallu une bonne année de toilettage pour réussir à faire repousser sa belle fourrure.

J’ai mis tellement d’énergie à faire repousser son poil que j’ai eu envie de participer à une exposition de beauté, juste pour voir d’autres persans et confronter Guess à l’avis des juges. Ce fut un énorme succès puisque Guess a fini meilleur chat de l’exposition toutes races confondues durant les 2 jours d’exposition. Et voilà comment j’attrapais le virus des expositions félines !

En parallèle, malgré mes études vétérinaires, j’ai découvert à mes dépends la difficulté de l’élevage de persans et de chats de race en général. Les premières années ont été très difficiles. Entre les problèmes de mise bas, les erreurs de « débutant » ayant causé la mort de certains chatons (avec tout le traumatisme que cela impliquait pour moi à chaque fois !), les chats que j’achetais en moyenne 2000 euros et qui présentaient de gros défauts (une femelle faisant 1,9 kg adulte, une autre femelle très prognathe avec des narines pincées etc …). Bref, j’ai appris à mes dépends que l’élevage de persans, ce n’est pas pour les débutants !!!

Mais la passion est restée présente, ce sont des chats tellement doux, tellement gentils et tellement majestueux ! J’ai donc persévéré et je me suis promis que je ne ferai pas comme tous ces éleveurs qui vendent des chats avec de gros défauts (narines pincées, prognatisme etc). Je me suis promis de tout faire pour faire naître des chats sains, de vrais chats qui n’auraient pas de raison de « regretter » d’être nés persans.

Avec le bouche à oreilles, et avec l’expérience aussi, j’ai finalement réussi à trouver des lignées plus saines pour repartir doucement sur de bonnes bases. Mais c’est un travail de longue haleine, un travail au quotidien, qui donne ses fruits de génération en génération. C’est cependant cette difficulté qui me motive : élever des persans ce n’est pas juste mettre un matou avec une femelle. Le persan est une race qui a beaucoup souffert des effets de mode visant à produire des chats toujours plus typés, au détriment de leur santé. En résultent de gros problèmes de conformation du nez, des chats qui luttent pour respirer en permanence, des chats qui présentent d’importantes déformation de la mâchoire …. Bien entendu, cela se voit pas ou mal sur les photos des chatons, et les éleveurs ne s’en ventent pas ! Il est donc très difficile de trouver de bons reproducteurs et très difficile aussi de faire les bons mariages qui ne feront pas ressortir de défauts !

J’espère arriver un jour à avoir une parfaite homogénéité avec des portées ne comportant que des chatons « sans défauts », et j’espère que d’autres éleveurs prendront conscience que la race persan ne peut perdurer dans l’état actuel des choses !

 

La vie de nos chats

Je suis éleveuse mais avant tout propriétaire passionnée. J’ai donc volontairement choisi de limiter mon nombre de chats, afin de pouvoir les garder tous en poil (aucun chat n’est tondu chez nous) et parce que je veux tous les connaître parfaitement.

Durant plusieurs années, tous nos chats mâles et femelles vivaient avec nous dans la maison, car c’est ainsi que j’étais personnellement la plus heureuse. Mais le rêve s’est rapidement transformé en cauchemars. Quelques accidents de saillie avec des femelles faisant du coup 2 portées dans l’année alors que ce n’était pas du tout souhaité … Mais aussi, des matous qui se sont mis à uriner partout chez nous parce qu’ils étaient en concurrence entre eux.

Nous avons donc du prendre la décision de faire vivre les mâles ailleurs. Nous avons longuement réfléchis à ce qui leur conviendrait le mieux, nous avons contacté d’autres éleveurs pour savoir quelles solutions ils avaient trouvé etc. Nous avons finalement opté pour la mise en place de volières extérieurs avec des abris. Chacun de nos mâles dispose d’une grande volière extérieure, entièrement couverte, comprenant un abri de presque 2m². Le sol de l’abri est recouvert de tapis chauffant en hivers et l’abri contient des paniers bien chauds. Chaque volière comporte bien sûr un arbre à chat.

Contre toute attente, le comportement de nos matous a beaucoup changé lorsqu’ils ont été mis dans ces volières. Certains de nos mâles essayaient de saillir « tout ce qui bouge » dans la maison et se léchaient beaucoup les parties génitales. Ils semblaient frustrés en permanence et ce comportement a disparu lorsqu’ils sont allés dehors. Certains mâles mangeaient très peu durant les chaleurs des femelles, à cause de la frustration de ne pas saillir et ils ont bien regrossit en vivant dehors. Bref, au final, ils semblent être bien plus heureux dans leurs volières. Nous leurs rendons visite tous les jours et souvent plusieurs fois dans la journée car nous sommes souvent dans notre jardin. Ils s’occupent en regardant tout ce qui se passe autour d’eux.

Nos femelles quant à elles, vivent dans la maison ainsi que nos jeunes chats (dont les matous qui ne sont pas encore matures !). Elles vivent comme n’importe quel chat de compagnie et ont accès à toute la maison, ainsi qu’à un grand arbre à chat dans notre salon. Elles côtoient nos whippets pour leur plus grand bonheur.

Nos femelles ne font qu’une portée par an et nous ne les forçons pas à être mamans. Si elles n’aiment pas la maternité, elles sont stérilisés et replacées pour profiter de leur statut de chattes de compagnie ! Dans tous les cas, nous essayons de retraiter nos femelles assez jeunes (vers 5 ans) afin qu’elles profitent longuement de leur retraite.

Nos chats sont tous nourris avec des croquettes Royal Canin Persian. Nous leurs offrons tous les soins médicaux nécessaires, quel que soit leur âge, il n’y a aucune notion de « rentabilité » à ce sujet !

Aucun de nos chat n’est tondu, mais pour autant nous essayons de respecter au mieux leur bien être en ne les toilettant pas à outrance. Lorsqu’ils font des expositions, nos chats sont toilettés très régulièrement afin que leur pelage soit le plus beau possible. Mais dès que la période d’exposition est finie ou dès que le chat prend « sa retraite des expositions », nous ajustons le toilettage pour simplement éviter les noeuds et conserver un pelage en bonne condition. Bref, contrairement à beaucoup d’éleveurs, chez nous le bien être du chat passe avant les expositions, nous sommes contre le fait de laver un chat tous les 2 jours ou de le faire vivre en cage juste pour préserver son pelage !

Voilà, avec ces quelques mots j’espère vous avoir transmis ma vision de l’élevage. Tout ceci peut paraître une évidence mais j’ai côtoyé beaucoup d’élevages au fil des années, et découvert tellement de visions différentes. Les éleveurs sont souvent plein de bonnes paroles devant leurs clients, mais tellement différents lorsqu’ils parlent entre professionnels. Beaucoup, avec les années, développent une sorte d’obsession de la rentabilité, au détriment des animaux, comme si la sensibilité faisait place à l’avidité !

 

 

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